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Partager des fichiers volumineux : comment faire ?

4 septembre 2026

Envoyer une vidéo trop lourde pour pas­ser par email, par­ta­ger un dos­sier de pho­tos avec toute la famille, trans­mettre un ensemble de docu­ments à toute une équipe : ce sont des situa­tions qui reviennent assez sou­vent. Entre les outils pen­sés pour un envoi ponc­tuel et les solu­tions de sto­ckage au long cours, voi­ci quelques exemples de solu­tions et ce qu’elle valent.

Les limites de la pièce jointe envoyée par email

Avant de par­ler des outils dédiés, voi­ci un petit rap­pel utile : la plu­part des mes­sa­ge­ries pla­fonnent la taille des pièces jointes. Si la pièce jointe est trop grosse l’en­voi échoue. C’est là qu’in­ter­viennent les outils de trans­fert et de par­tage de fichiers, pen­sés jus­te­ment pour prendre le relais dès que le fichier devient trop volu­mi­neux, ou quand on veut sim­ple­ment par­ta­ger un dos­sier entier plu­tôt qu’une seule pièce jointe.

D’autres part, uti­li­ser des outils per­met d’é­vi­ter de sur­char­ger la boîte de récep­tion de vos des­ti­na­taires et d’en­com­brer vos élé­ments envoyés dans votre compte mail. J’ai eu le cas d’un client qui tra­vaillait dans l’é­vè­ne­men­tiel, dont la boîte mail était sys­té­ma­ti­que­ment blo­quée car il n’a­vait plus d’es­pace dis­po­nible. Ses clients lui envoyait tout en pièces jointes dans plu­sieurs emails !

Comparaison de quelques outils pour partager des fichiers

Voi­ci sept solu­tions que j’ai regar­dées, avec ce qui les dis­tingue entre elles. Plu­sieurs de ces outils pro­posent une offre gratuite.

WeTrans­fer : Le plus connu, sans doute parce qu’il a été l’un des pre­miers à rendre l’en­voi de gros fichiers aus­si simple qu’un glis­ser-dépo­ser. L’offre gra­tuite per­met d’en­voyer, sans créer de compte, jus­qu’à 3 GB par mois, 10 trans­ferts par mois et les trans­ferts ont une limite de temps de 3 jours. . C’est une solu­tion pra­tique pour un envoi ponc­tuel. Vous pou­vez trans­fé­rer par email ou à l’aide d’un lien.

Pour rap­pel, en 2025, WeTrans­fer a modi­fié ses condi­tions d’u­ti­li­sa­tion en y glis­sant une clause per­met­tant d’ex­ploi­ter les fichiers envoyés, dans le but d’a­mé­lio­rer des modèles de machine lear­ning. Cela a pro­vo­qué une vague d’in­quié­tude chez les uti­li­sa­teurs et uti­li­sa­trices, notam­ment dans les métiers créa­tifs. WeTrans­fer s’oc­troyait éga­le­ment une licence qua­si illi­mi­tée sur les fichiers envoyés (« per­pé­tuelle, mon­diale, non exclu­sive, gra­tuite, trans­fé­rable et sous-licenciable »).

Face à la polé­mique que cela a engen­dré, l’en­tre­prise est reve­nue en arrière en quelques jours et a reti­ré toute men­tion de l’IA de ses condi­tions. Pour moi, la confiance est cas­sée.

WeTrans­fer est une entre­prise hollandaise.

Smash : C’est une alter­na­tive fran­çaise à WeTrans­fer. il n’y a pas de limite de trans­ferts par mois (vous pou­vez envoyer autant de fichiers que vous le sou­hai­tez), mais au-delà de 2 Go, votre trans­fert rejoint une file d’at­tente non prio­ri­taire (les comptes payants passent devant). Il n’est pas néces­saire de créer un compte pour l’en­voi. Le par­tage se fait éga­le­ment par email ou par l’en­voi d’un lien.

Trans­fer­now : Comme Smash, c’est un outil fran­çais. L’offre gra­tuite per­met d’en­voyer jus­qu’à 5 Go par trans­fert, sans obli­ga­tion de créer un compte. Les fichiers sont dis­po­nibles pen­dant 7 jours. La solu­tion payante per­met d’en­voyer évi­dem­ment des fichiers plus gros. À noter, un par­ti­cu­la­ri­té inté­res­sante sur les offres payantes : c’est la pos­si­bi­li­té de choi­sir la région d’hé­ber­ge­ment de vos don­nées (Europe, Amé­rique ou Asie selon le plan), et fichiers peuvent être conser­vés un an au lieu de 7 jours, on peut aus­si per­son­na­li­ser la page de télé­char­ge­ment, avec son logo par exemple. On peut aus­si vendre des fichiers, grâce à un moyen de paiement.

Swiss­trans­fer : Un autre outil de trans­fert ponc­tuel. L’offre gra­tuite est par­ti­cu­liè­re­ment géné­reuse : vous pou­vez envoyer jus­qu’à 50 Go par trans­fert, sans obli­ga­tion de créer un compte, avec des fichiers conser­vés 30 jours. Les don­nées sont héber­gées en Suisse, un argu­ment qui revient sou­vent chez les per­sonnes sou­cieuses de la loca­li­sa­tion de leurs données.

Drop­box : Un des pion­niers du sto­ckage cloud, pen­sé davan­tage pour sto­cker des fichiers ou faire des sau­ve­gardes plus que de l’en­voi ponc­tuel. Le plan gra­tuit se limite à 2 Go. Mais Drop­box pré­voit éga­le­ment l’en­voi de fichiers jus­qu’à 2 Go, par lien ou mail. Le trans­fert a une durée d’ex­pi­ra­tion de 7 jours. Notons que Drop­box est une entre­prise amé­ri­caine.

pCloud est basée en Suisse, avec des don­nées héber­gées sur place, ce qui en fait aus­si un argu­ment régu­liè­re­ment mis en avant par le ser­vice. Il n’y a pas d’offre gra­tuite. Avec pCloud vous pou­vez par­ta­ger des fichiers grâce à un lien. Vous pou­vez y ajou­ter des options comme pro­té­ger le par­tage avec un mot de passe ou y ajou­ter une fin de vali­di­té ou pas.

Next­cloud est une approche dif­fé­rente : ce n’est pas un ser­vice tiers en ligne gra­tuit ou payant, mais un logi­ciel libre que l’on ins­talle sur son propre héber­ge­ment, ou sur celui d’un tiers de confiance. Pas de palier gra­tuit à pro­pre­ment par­ler, puisque la capa­ci­té dépend entiè­re­ment de l’es­pace dont vous dis­po­sez. Si vous avez un héber­ge­ment chez o2switch, Next­cloud est pré-ins­tal­lé à par­tir de l’offre Cloud. Avec Next­cloud, vous savez exac­te­ment où vivent vos don­nées, ce qui n’est pas rien.

Google Drive n’est pas celui que je porte par­ti­cu­liè­re­ment dans mon cœur. C’est celui sur lequel j’ai un avis plus tran­ché que sur les autres. Le compte gra­tuit pro­pose 15 Go, mais atten­tion, cet espace est par­ta­gé entre Gmail, Drive et Pho­tos, donc il fond plus vite qu’il n’y paraît si vous uti­li­sez déjà ces ser­vices. Des for­faits payants existent au-delà. Là on est clai­re­ment dans la dépen­dance à l’é­co­sys­tème Google et vous savez ce que je pense de GAFAM.

Avez-vous besoin d’un transfert ponctuel ou d’un stockage à durée plus longue ?

En creu­sant ces six outils, une dis­tinc­tion m’a paru essen­tielle, et elle sim­pli­fie beau­coup le choix. D’un côté, WeTrans­fer, Swiss­trans­fer et Smash sont pen­sés pour un envoi ponc­tuel : on dépose un fichier, on génère un lien ou on l’en­voie par email, et voi­là. De l’autre, Drop­box, pCloud, Next­cloud et Google Drive sont plu­tôt des solu­tions de sto­ckage et de syn­chro­ni­sa­tion, pen­sées pour vivre avec vos fichiers au quo­ti­dien, les retrou­ver sur plu­sieurs appa­reils, ou col­la­bo­rer des­sus dans la durée.

Donc avant d’op­ter pour l’un de ces choix, je vous conseille de réflé­chir d’a­bord à l’u­sage que vous vou­lez en faire. Avez-vous besoin d’en­voyer un fichier une fois, ou bien sou­hai­tez-vous le gar­der acces­sible et à jour dans le temps ?

Et la vie privée dans tout ça ? Lequel s’éloigne le plus des GAFAM ?

Sur les six outils com­pa­rés, un seul fait par­tie des GAFAM au sens strict : Google, avec Google Drive. Les cinq autres sont des socié­tés indé­pen­dantes : WeTrans­fer (Pays-Bas), Smash (France), pCloud et Swiss­trans­fer (Suisse), Drop­box (États-Unis), ou le pro­jet open source, Nextcloud.

Ce der­nier mérite qu’on s’y attarde. Puisque c’est vous, ou votre héber­geur, qui choi­sis­sez où ins­tal­ler Next­cloud, c’est pro­ba­ble­ment la solu­tion qui offre le plus de contrôle réel sur vos propres don­nées, dans la même logique que ce que j’é­vo­quais dans mon article sur les GAFAM. Encore une fois, ce n’est pas pour autant une rai­son de culpa­bi­li­ser d’u­ti­li­ser tel ou tel autre outil au quo­ti­dien : c’est sim­ple­ment bon à savoir au moment de choisir.

En pra­tique : par­ta­ger à une seule per­sonne ou à tout un groupe

Selon l’ou­til choi­si, la façon de par­ta­ger change pas mal. Quelques repères concrets :

- Avec Google Drive, vous par­ta­gez un dos­sier en indi­quant l’a­dresse email de la per­sonne concer­née, avec un niveau de droit pré­cis (lec­ture, com­men­taire, ou modi­fi­ca­tion). Pour un groupe, vous pou­vez ajou­ter plu­sieurs adresses d’un coup.

- Avec Next­cloud, vous par­ta­gez direc­te­ment avec une per­sonne ou un groupe déjà créé dans votre ins­tance, ou vous géné­rez un lien public, pro­té­geable par un mot de passe et une date d’ex­pi­ra­tion. Vous pou­vez même créer plu­sieurs liens dif­fé­rents pour un même dos­sier, utile pour dis­tin­guer un envoi res­treint d’un par­tage plus large.

- Avec WeTrans­fer, Swiss­trans­fer et Smash, la logique est plus simple : un même trans­fert peut avoir plu­sieurs adresses email des­ti­na­taires, ou vous copiez le lien géné­ré et le col­lez où bon vous semble.

- Avec Drop­box et pCloud, vous par­ta­gez un dos­sier par email à une ou plu­sieurs per­sonnes en choi­sis­sant leurs droits, ou vous géné­rez un lien public à dif­fu­ser plus largement.

Un bon réflexe, quel que soit l’ou­til, limi­tez les droits au strict néces­saire (lec­ture seule si la per­sonne n’a pas besoin de modi­fier), et ajou­ter une date d’ex­pi­ra­tion sur les liens publics quand l’ou­til le permet.

Avec l’un de ces outils, vous pouvez envoyer un fichier au support o2switch

À ce jour, si vous écri­vez au sup­port o2switch, vous n’a­vez pas la pos­si­bi­li­té d’en­voyer de fichier. En effet, leur outil de ticke­ting ne le per­met pas. Cet outil a été déve­lop­pé en interne. Mais il n’est pas exclu qu’un jour, lors d’une mise à jour, cette pos­si­bi­li­té soit pré­vue. En atten­dant, si vous avez besoin d’en­voyer un fichier au sup­port o2switch, la solu­tion la plus simple est d’u­ti­li­ser un des outils de trans­fert ponc­tuel vus plus haut (WeTrans­fer ou Smash, par exemple), géné­rer un lien de télé­char­ge­ment, puis col­ler ce lien direc­te­ment dans le texte du ticket. L’é­quipe sup­port peut alors récu­pé­rer le fichier sans que vous ayez eu besoin d’un compte ni d’une mani­pu­la­tion compliquée.

Il n’existe pas un outil uni­ver­sel pour par­ta­ger des fichiers, mais un outil par usage : un envoi ponc­tuel ne se traite pas comme un sto­ckage au long cours, et la ques­tion de la vie pri­vée mérite d’en­trer en ligne de compte selon ce que vous partagez.

Je suis curieuse d’a­voir vos retours sur la ques­tion. Quel outil uti­li­sez-vous aujourd’­hui pour par­ta­ger vos fichiers, et pour­quoi celui-là plu­tôt qu’un autre ?

2 Comments

  1. Sorgin dit :

    Salut. Per­so, en tant que libriste, c’est bien enten­du Next­cloud et en par­ti­cu­lier celui que o2switch avait offert il y a quelques années à ces client·e·s. Mais on peut trou­ver des ins­tances gra­tuites chez cer­tains CHATONS (www​.cha​tons​.org). Mais c’est bien de don­ner quelque chose pour aider ces structures.

    J’en pro­fite pour vous remer­cier pour tous ces articles qui sont très inté­res­sants et instructifs.

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