Le 6 mars 2026, la communauté WordPress française s’est réunie au WordCamp Nice. Comme pour chaque WordCamp, cette journée de conférence a réuni des sponsors, des bénévoles, des conférencières et conférenciers, ainsi que de nombreuses participantes et nombreux participants venus partager une journée autour du web, de l’open source et donc de WordPress. Nous avons eu beaucoup de retours positifs et enthousiastes.
Elle a été le résultat de plusieurs mois de préparation (9 mois, exactement) qui a nécessité beaucoup de coordination et une multitude de choses à gérer en parallèle. J’ai eu l’honneur de prendre le lead de l’organisation et je remercie l’équipe qui m’a fait confiance et qui m’a suivie dans l’aventure.
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’envers du décor. Parce qu’organiser un WordCamp est une chouette expérience et un beau challenge. Un WordCamp ne se construit pas uniquement autour d’un programme de conférences. Il faut combiner la logistique, la restauration, la technique, la communication, l’identité visuelle et toute la coordination humaine nécessaire pour que l’ensemble tienne debout.
Organiser un WordCamp, c’est gérer bien plus qu’un programme
Les conférences sont l’élément central et le plus visible d’un WordCamp. Effectivement, avant même de parler du contenu de la journée, il faut franchir plusieurs étapes.
Il faut d’abord, réunir une équipe et soumettre la candidature à la Fondation WordPress. Après un entretien avec un Program Manager (pour nous c’était avec Juan Hernando), durant lequel nous avons présenté notre projet, celui-ci a été accepté.
L’étape suivante, c’est l’élaboration du budget global de l’évènement pour qu’il soit approuvé par la Fondation. Nous avons fait le choix de partir sur de vrais tarifs, donc nous nous sommes appuyés sur des devis estimatifs. Il faut savoir que tant que le budget n’est pas approuvé, il n’est pas possible de communiquer sur la date du WordCamp et de confirmer qu’il aura lieu.
Une fois celui-ci approuvé, on part concrètement sur l’organisation. Communiquer, lancer l’appel à Sponsors, lancer l’appel à sujets, gérer la logistique avec le lieu, créer la charte graphique, développer le site, suivre la fab des goodies et des badges, préparer le dîner des orateurs, préparer l’after, gérer les imprévus car tout peut arriver !
Choisir les différents lieux, une décision qui structure l’évènement dès le départ
Avant même de penser au programme, aux sponsors, et à tout le reste,il y a une question incontournable dans l’organisation d’un WordCamp : trouver le bon lieu. Déjà, il faut trouver un lieu qui soit disponible à la période à laquelle est prévu l’évènement. Le lieu doit répondre à plusieurs critères : pouvoir accueillir un nombre important de personnes dans de bonnes conditions, être accessible aux personnes en situation de handicap, et facilement rejoignable, que ce soit en transport ou en voiture, voire à pied. Il doit aussi proposer des espaces adaptés à la diversité des usages de la journée.
Il faut aussi prévoir un espace dédié aux sponsors, où ils peuvent s’installer, échanger avec les participantes et participants, et être visibles dans de bonnes conditions. À cela s’ajoutent des contraintes techniques importantes. Le lieu doit être équipé d’une régie permettant de gérer le son, la projection, les transitions entre les interventions et l’enregistrement des conférences.
S’ajoute à cela le choix du lieu pour le dîner des oratrices et orateurs, qui est une réception plus privée où ils sont invités, en compagnie des sponsors, de nous les orgas, mais aussi des bénévoles qui nous aident le jour J.
Enfin, le lieu de l’After Party pour célébrer tous et toutes ensembles la fin de cette belle journée d’échanges.
Les sponsors, un soutien essentiel pour faire exister l’événement
Parmi les grands sujets à gérer, les sponsors occupent une place centrale. Sans eux, il serait beaucoup plus difficile de proposer un événement dans de bonnes conditions. Mais chercher des sponsors ne consiste pas simplement à trouver des logos à afficher. Il faut présenter le projet, expliquer l’esprit des WordCamps, détailler les formules de partenariat, répondre aux questions, suivre les confirmations et récupérer les éléments nécessaires pour leur visibilité.
Ce travail demande du temps et de la méthode. Chaque sponsor doit savoir ce qui est prévu, comment sa présence sera valorisée et à quel moment fournir les bons éléments. Derrière un logo sur un site ou sur un support imprimé, il y a souvent plusieurs échanges, des validations, des ajustements et un vrai suivi. Côté organisation, c’est un chantier à part entière.
La logistique, ou l’art de faire en sorte que tout paraisse simple
La logistique fait partie de ces sujets que l’on remarque surtout quand quelque chose ne fonctionne pas. Quand tout se passe bien, elle devient presque invisible. Pourtant, elle est partout. Il faut préparer l’accueil, les badges, la signalétique, l’installation des espaces, la circulation entre les salles, le timing de la journée, les transitions entre les différents temps forts, sans oublier le montage et le démontage.
Il faut aussi réfléchir à la circulation, aux horaires, aux espaces d’accueil, aux moments de pause, au matériel nécessaire et à tous les petits détails qui, mis bout à bout, nous permettent de réfléchir à comment rendre l’expérience la plus agréable possible pour le public.
Dans les coulisses, cela représente beaucoup de vérifications, de coordination et d’anticipation.
La restauration, un sujet beaucoup plus stratégique qu’il n’y paraît
Dans un événement communautaire, la restauration est loin d’être un simple détail. C’est un point sensible. A Nice nous avons eu quelques petits couacs, mais dans l’ensemble ça s’est bien passé.
Les pauses café et le déjeuner jouent un rôle important dans l’expérience globale. Ce sont des moments où les discussions continuent autrement, où les personnes se rencontrent plus librement, où les liens se créent parfois plus facilement qu’entre deux conférences.
Il faut donc prévoir les quantités, les horaires, les éventuels régimes particuliers et les allergies, les contraintes du lieu. Là encore, il s’agit d’un vrai sujet d’organisation.

Les conférences, entre sélection, équilibre et coordination
Bien sûr, les conférences restent au cœur de l’événement. Mais là aussi, il y a un important travail en amont. Il ne suffit pas de publier un appel à conférences puis d’aligner quelques sujets. Il faut construire un programme cohérent, équilibré, utile et représentatif de la diversité de la communauté WordPress.
Cela demande d’échanger avec les intervenantes et intervenants, de confirmer les sujets, d’organiser les horaires, de transmettre les informations pratiques et de s’assurer que tout soit prêt avant le jour J. Une bonne programmation ne repose pas seulement sur la qualité individuelle de chaque conférence. Elle dépend aussi de la manière dont l’ensemble forme une journée cohérente et intéressante pour le public.
Pour cette édition niçoise, nous avons reçu plus de 70 propositions. Nous avons choisi de les sélectionner à l’aveugle. Nous n’avions que le titre et la description de la conférence proposée. Seule Lycia, responsable de la gestion des speakers, connaissait qui se cachait derrière chaque proposition. Au moins nos choix n’étaient pas influencés par la connaissance des personnes qui ont proposé un sujet.

L’identité visuelle, donner une personnalité au WordCamp Nice
Un WordCamp c’est aussi une ambiance, une cohérence visuelle, une manière d’être reconnue. Il faut penser les visuels, les couleurs, la signalétique, les supports de communication, les publications, les badges, les goodies.
Pour cette édition de 2026, nous avons repris le logo et l’identité de l’édition de 2018 en lui donnant une touche nouvelle.
Comme toute identité visuelle, cela contribue à créer une unité entre tous les supports et à donner une vraie personnalité à l’événement.
Cette identité nous a permis de donner une cohérence globale à notre communication que soit pour le site web de l’évènement ou pour nos posts LinkedIn
Le site web de l’évènement
Le site web et la technique, une part essentielle de l’organisation.
Pour un événement WordPress, le site occupe évidemment une place importante. C’est souvent le premier point de contact avec l’évènement. Il faut y publier les informations pratiques, présenter les sponsors, mettre en ligne le programme, actualiser les contenus et veiller à ce que tout soit clair, lisible et à jour.
Derrière cela, il y a aussi toute une dimension technique, assez spéciale derrière les sites des WordCamps. Car ils sont tous hébergés sur un très gros multisite et pour éviter les problèmes éventuels, les droits techniques sont très modérés. Il faut donc trouver des solutions, pas toujours évidentes, pour que cela corresponde au site qui nous représente.
Dans les coulisses, il y a surtout une équipe
Au fond, le plus important dans l’organisation d’un WordCamp, ce sont les personnes qui la rendent possible. Il faut répartir les rôles, suivre les dossiers, faire circuler les informations, coordonner les sujets, arbitrer certaines décisions et gérer les imprévus sans perdre de vue l’objectif commun.
C’est ce qui rend ce type d’événement si particulier. Un WordCamp repose largement sur l’engagement bénévole. Il faut donc composer avec les disponibilités de chacun, les contraintes du quotidien, notre travail (car il faut rappeler que tout ce travail est fait bénévolement, en parallèle de nos jobs respectifs) et la nécessité d’avancer ensemble sur des sujets très différents. Cette dimension collective est exigeante, mais c’est aussi ce qui donne toute sa valeur à l’événement.
Le Jour J, quand tout se concrétise

Puis arrive le 6 mars. Tout ce qui n’était jusque-là qu’une suite de réunions, de messages, de tableaux, de validations et de check-lists devient soudain très concret. Le public arrive, les sponsors s’installent, les conférences commencent, les pauses s’enchaînent et il faut continuer à suivre mille détails en parallèle.
Le jour même, rien ne repose sur une perfection théorique. Ce qui compte surtout, c’est la capacité de l’équipe à s’adapter, à absorber les imprévus et à préserver l’essentiel : la qualité de l’accueil, la fluidité de la journée et l’esprit de la communauté. C’est souvent à ce moment-là qu’on mesure vraiment l’ampleur du travail accompli en amont.
Et voilà. Le WordCamp Nice du 6 mars 2026 ne s’est pas résumé à une succession de conférences. Derrière cette journée, il y avait un travail collectif sur les sponsors, la logistique, le traiteur, les conférences, la technique avec le site, l’identité visuelle et bien d’autres détails encore. Rien de tout cela n’est accessoire. Tout a participé à la réussite de l’événement.
Parler des coulisses, c’est aussi rappeler qu’un événement communautaire réussi ne tient jamais du hasard. Il repose sur de l’anticipation, de la coordination, une grande attention aux détails et beaucoup d’implication humaine. C’est aussi ce qui fait la beauté d’un WordCamp. Pour le public, c’est une journée de rencontres et de contenus. Pour l’équipe d’organisation, c’est l’aboutissement d’un travail collectif qui donne vie à la communauté, très concrètement.
A la fin de la journée, lors des remarques de clôture j’ai passé le témoin et la date du prochain WordCamp a été annoncée. Il aura lieu le 18 septembre 2026 en Bretagne. On souhaite plein de force et kouign-amann pour la prépa du WordCamp aux copains et copines bretonnes !
Quant à moi, je vous donne rendez-vous à Cracovie en juin 2026 pour le WordCamp Europe, que je co-organise.
Crédit photos : Laurie Chiara













