Chaque fois que vous enregistrez un article ou une page dans WordPress, le système conserve une copie de la version précédente.
C’est ce qu’on appelle une révision. Cette fonctionnalité est utile : elle vous permet de revenir en arrière si vous faites une erreur, ou de comparer deux versions d’un contenu.
Mais sur un site actif depuis plusieurs années, ces révisions s’accumulent discrètement dans la base de données. Sans intervention de votre part, leur nombre peut atteindre plusieurs milliers d’entrées. Cela n’empêche pas votre site de fonctionner, mais cela alourdit inutilement la base de données et peut, à terme, ralentir certaines opérations.
Dans cet article, vous allez comprendre comment fonctionnent les révisions, pourquoi elles peuvent devenir un problème, et comment les gérer : en les limitant en amont et en nettoyant celles qui existent déjà.
Qu’est-ce qu’une révision WordPress ?
Les révisions concernent les articles et les pages. À chaque fois que vous enregistrez l’un de ces contenus dans l’éditeur, WordPress crée automatiquement une copie de la version précédente dans la base de données. C’est ce mécanisme que l’on appelle une révision.
Ces copies sont stockées dans la table wp_posts, avec le statut revision. Chaque entrée est une copie complète du contenu au moment de la sauvegarde.
Il gère également des enregistrements automatiques toutes les 60 secondes tant que l’éditeur est ouvert, mais ceux-ci sont distincts des révisions : WordPress n’en conserve qu’un seul par contenu, en écrasant le précédent à chaque fois. Leur volume reste donc toujours faible et ils ne nécessitent aucune action de votre part.
Par défaut, WordPress conserve un nombre illimité de révisions par contenu. Un article retravaillé vingt fois génère donc vingt entrées supplémentaires dans la base, en plus du contenu publié.
Les révisions ont une utilité concrète. Depuis l’éditeur, vous pouvez consulter l’historique d’un contenu, comparer deux versions côte à côte, et restaurer une version antérieure en un clic. Pour un site avec plusieurs auteurs ou des contenus fréquemment mis à jour, c’est un filet de sécurité appréciable.
Pour mieux comprendre la différence, voici ce qui se passe concrètement :
- Chaque fois que vous cliquez sur « Enregistrer » ou « Mettre à jour », WordPress prend une photo de la version précédente et la conserve dans la base : c’est une révision.
- En parallèle, toutes les 60 secondes environ, il sauvegarde silencieusement l’état en cours : c’est l’enregistrement automatique.
- Si vous fermez accidentellement l’onglet ou perdez votre connexion, WordPress vous proposera de restaurer cet enregistrement à la prochaine ouverture, s’il est plus récent que votre dernière sauvegarde manuelle. Une fois que vous enregistrez à nouveau, il est écrasé.
Pourquoi les révisions peuvent devenir un problème
Sur un site récent ou peu actif, les révisions ne posent pas vraiment de problème. Leur volume reste faible et leur impact sur les performances est négligeable.
La situation change sur un site ancien, avec un catalogue de contenus important ou plusieurs auteurs qui retravaillent régulièrement les mêmes pages. Dans ce cas, les révisions s’accumulent sur la durée sans que personne n’y prête attention.
L’effet concret se situe dans la base de données. Chaque révision occupe une ligne dans la table wp_posts, avec ses métadonnées associées dans wp_postmeta. Sur un site qui compte des centaines d’articles, chacun révisé de nombreuses fois, ce volume peut représenter plusieurs fois le poids du contenu réellement publié.
Cela a deux conséquences. La première est le poids brut de la base de données : des sauvegardes plus lourdes, des exports plus longs, parfois des lenteurs sur les opérations de maintenance. La seconde concerne les performances à l’exécution. WordPress interroge régulièrement la table wp_posts pour afficher du contenu, gérer des requêtes ou charger des données en mémoire. Une table encombrée ralentit ces opérations, même si l’effet reste difficile à mesurer isolément.
Ce phénomène s’inscrit dans un problème plus large d’accumulation de données inutiles en base. Si vous avez déjà vu une alerte dans l’outil Santé du site à propos de l’autoload, vous avez rencontré une problématique similaire. Nous en parlons en détail dans cet article sur l’autoload WordPress.
Note : si votre site utilise un constructeur de pages comme Elementor ou Divi, le phénomène est amplifié. Ces outils stockent des données de mise en page volumineuses avec chaque révision. Limiter leur nombre devient d’autant plus utile.
Limiter le nombre de révisions
Agir en amont est la solution la plus efficace. Plutôt que de nettoyer régulièrement une base qui grossit sans contrôle, vous pouvez indiquer à WordPress combien de révisions il doit conserver par contenu.
La méthode la plus directe consiste à ajouter la constante WP_POST_REVISIONS dans votre fichier wp-config.php. Vous trouverez une présentation complète de ce fichier et de son rôle dans notre article dédié à wp-config.php.
Ajoutez cette ligne avant la mention /* C'est tout, arrêtez d'éditer ! */ :
define( 'WP_POST_REVISIONS', 5 );Cette valeur indique à WordPress de ne conserver que les 5 dernières révisions pour chaque article ou page. Les plus anciennes sont automatiquement supprimées à chaque nouvel enregistrement.
Vous pouvez ajuster ce nombre selon votre usage. Une valeur entre 5 et 10 convient à la plupart des sites. Si vous souhaitez désactiver complètement les révisions, vous pouvez passer la valeur à false :
define( 'WP_POST_REVISIONS', false );Cette option est à réserver aux cas où vous n’avez vraiment aucun besoin de revenir en arrière sur vos contenus. Pour la majorité des sites, limiter plutôt que désactiver est une meilleure approche. Nous y revenons en conclusion.
Pour des besoins plus spécifiques, comme définir un nombre différent selon le type de contenu, vous pourriez ajouter un mu-plugin en utilisant le filtre wp_revisions_to_keep de WordPress. Mais pour la grande majorité des sites, la constante dans wp-config.php est amplement suffisante.
Nettoyer les révisions existantes
Limiter les révisions à venir ne supprime pas celles qui sont déjà en base. Si votre site existe depuis plusieurs années, un nettoyage ponctuel est utile pour repartir sur une base saine.
Avant toute intervention sur la base de données, pensez à effectuer une sauvegarde. C’est une précaution simple qui vous évitera bien des complications en cas d’erreur. Nous détaillons comment mettre en place une stratégie de sauvegarde dans cet article dédié.
Avec une extension
C’est la méthode la plus accessible. Plusieurs extensions proposent cette fonctionnalité, avec des approches différentes.
WP Revisions Control est l’outil le plus ciblé : il permet à la fois de limiter le nombre de révisions par type de contenu et de supprimer celles déjà en base, le tout depuis l’interface WordPress.
Si vous hébergez votre site chez o2switch, AccelerateWP intègre également un module d’optimisation de base de données qui couvre le nettoyage des révisions, parmi d’autres éléments.
Des extensions plus généralistes comme WP-Sweep ou Advanced Database Cleaner proposent aussi cette fonctionnalité, dans le cadre d’un nettoyage global de la base de données.
Avec WP-CLI
WP-CLI est l’outil le plus fiable pour ce type d’opération, en particulier sur les sites avec un volume important de révisions. Nous en présentons le fonctionnement dans notre guide WP-CLI.
Connectez-vous en SSH à votre hébergement et placez-vous à la racine de votre installation WordPress. Commencez par vérifier le nombre de révisions présentes en base :
wp post list --post_type=revision --format=countCette commande affiche simplement le total des révisions.
Ensuite, pour supprimer les révisions par lots de 500, exécutez cette commande plusieurs fois, jusqu’à ce qu’elle ne retourne plus aucun résultat :
wp post delete $(wp post list --post_type=revision --format=ids --posts_per_page=500) --forceCette commande récupère les identifiants des 500 premières révisions trouvées et les supprime définitivement. L’option --force est nécessaire pour que WP-CLI accepte de supprimer définitivement les entrées.
Travailler par lots évite de surcharger le serveur sur les sites avec plusieurs milliers d’entrées à traiter.
Avec une requête SQL
Pour les utilisateurs à l’aise avec la base de données, vous pouvez intervenir directement via phpMyAdmin ou Adminer, accessibles depuis votre cPanel. Exécutez cette requête dans l’onglet SQL :
DELETE FROM wp_posts WHERE post_type = 'revision';
DELETE pm FROM wp_postmeta pm
LEFT JOIN wp_posts wp ON pm.post_id = wp.ID
WHERE wp.ID IS NULL;
La première ligne supprime les révisions. La seconde nettoie les métadonnées orphelines qui leur étaient associées. Adaptez le préfixe wp_ si votre installation utilise un préfixe personnalisé.
Faut-il désactiver complètement les révisions ?
La tentation est compréhensible : si les révisions posent problème, pourquoi ne pas les supprimer entièrement ? En pratique, cette option est rarement la bonne.
Les révisions ont une utilité réelle. Elles vous permettent de retrouver une version antérieure d’un article en cas de mauvaise manipulation, de comparer l’évolution d’un contenu sur la durée, ou de récupérer un passage supprimé par erreur. Sur un site avec plusieurs auteurs ou des contenus régulièrement mis à jour, ce filet de sécurité peut éviter bien des situations délicates.
Désactiver complètement les révisions, c’est renoncer à cette protection sans gain significatif sur les performances. La vraie solution est de les encadrer : conserver un nombre raisonnable de versions par contenu suffit à maîtriser le volume sans sacrifier l’utilité du mécanisme.
Une valeur entre 3 et 5 convient à la grande majorité des sites. Elle laisse une marge de manœuvre confortable tout en empêchant l’accumulation incontrôlée.
En résumé
Les révisions WordPress sont utiles, mais leur accumulation sur un site actif depuis plusieurs années peut alourdir la base de données.
La gestion se fait en deux temps. En amont, ajoutez la constante WP_POST_REVISIONS dans votre fichier wp-config.php pour limiter le nombre de versions conservées par contenu. Une valeur de 3 à 5 est un bon point de départ. Pour l’existant, un nettoyage ponctuel via WP-CLI ou une extension suffit à repartir sur une base allégée.
Inutile de désactiver complètement les révisions : limiter leur nombre est plus équilibré et préserve leur intérêt en cas de besoin.













