Depuis plusieurs années, étant une utilisatrice de WordPress au quotidien de par mon métier, je baigne dans l’Open Source.
La définition de l’Open Source peut être floue pour beaucoup. Est-ce simplement un logiciel gratuit ? Est-ce une question de code ? Ou une philosophie plus large ?
Dans cet article, je vais essayer de vous expliquer ce que c’est.
Définition de l’open source
La définition d’un logiciel open source est relativement simple en apparence : il s’agit d’un logiciel dont le code source est accessible à tous.
Le code source permet de comprendre comment il fonctionne, de le modifier ou encore de le redistribuer. Contrairement à un logiciel classique, dit propriétaire, la personne qui l’utilise n’est pas limitée à une simple utilisation.
Aux origines du mouvement : du logiciel libre à l’open source
Pour bien comprendre la définition open source, il faut revenir à ses origines, et notamment au travail de Richard Stallman.
Dans les années 1980, il lance le mouvement du logiciel libre avec une idée forte : les personnes doivent avoir le contrôle sur les logiciels qu’elles utilisent. Cette vision repose sur des principes éthiques et sur la notion de liberté.
On parle alors de « logiciel libre », qui met en avant quatre libertés fondamentales : utiliser, étudier, modifier et redistribuer un programme.
Mais le terme « open source » n’apparaît que plus tard, à la fin des années 1990. Il est proposé par Christine Peterson.
L’idée est alors de mettre de côté la dimension philosophique parfois perçue comme trop militante du logiciel libre, pour adopter une approche plus pragmatique, centrée sur les bénéfices concrets avec notamment l’idée d’un collaboration à grande échelle.
C’est dans cette dynamique qu’est créée l’Open Source Initiative. Cette organisation joue un rôle clé en définissant ce qu’est réellement l’open source à travers une série de critères précis.
Aujourd’hui, les notions de logiciel libre et d’open source coexistent. Elles reposent sur des bases très proches, mais reflètent deux visions légèrement différentes : l’une centrée sur la liberté des utilisateurs, l’autre sur l’efficacité et l’adoption à grande échelle.
Les principes fondamentaux de l’open source
La définition open source repose sur des libertés concrètes qui changent la manière d’utiliser un logiciel.
D’abord, il est possible d’utiliser le logiciel pour n’importe quel usage, sans restriction. Ensuite, chacun peut accéder au code source pour comprendre son fonctionnement. Il est également possible de modifier ce code pour l’adapter à ses besoins spécifiques. Enfin, le logiciel peut être redistribué, avec ou sans modifications.
Ces libertés créent un environnement très différent de celui des logiciels propriétaires. Elles permettent notamment à des communautés entières de collaborer sur un même projet, d’améliorer des outils existants et de créer de nouvelles solutions.
Les licences open source : un cadre juridique essentiel
Si l’open source repose sur des libertés, celles-ci ne sont pas laissées au hasard. Elles sont définies et encadrées par des licences.
Une licence open source précise ce que vous avez le droit de faire avec un logiciel. Elle protège à la fois les utilisateurs et les créateurs.
Il existe plusieurs grandes familles de licences.
Les licences dites permissives, comme la licence MIT ou la licence Apache, offrent une grande liberté. Elles permettent de réutiliser le code, y compris dans des projets propriétaires, avec très peu de contraintes.
À l’inverse, les licences dites copyleft, comme la licence GPL, imposent que toute modification ou redistribution du logiciel reste elle-même open source. C’est une manière de garantir que le code restera libre dans le temps.
La licence GPL : un pilier de l’open source et de WordPress
Je viens d’en parler, parmi toutes les licences open source, la GNU General Public License occupe une place particulière.
Créée sous l’impulsion de Richard Stallman, cette licence repose sur un principe fort : garantir que le logiciel reste libre, ainsi que toutes ses évolutions.
Contrairement aux licences permissives, la GPL impose une règle essentielle. Si vous modifiez un logiciel sous licence GPL et que vous redistribuez cette version modifiée, vous devez obligatoirement la partager sous la même licence. Autrement dit, vous ne pouvez pas refermer le code.
C’est ce qu’on appelle le copyleft. Là où le copyright limite les usages, le copyleft utilise le droit d’auteur pour protéger les libertés des utilisateurs.
Ce mécanisme a un impact très concret. Il empêche qu’une entreprise récupère un logiciel open source, l’améliore, puis en fasse un produit propriétaire inaccessible aux autres.
Dans le cas de WordPress, ce choix de licence est fondamental. Le CMS est distribué sous licence GPL, ce qui signifie que son code, mais aussi tout son écosystème, thèmes, extensions et modifications, s’inscrit dans cette logique de partage.
Concrètement, cela explique pourquoi il existe autant de thèmes et d’extensions, et pourquoi il est possible de les modifier librement. C’est aussi ce qui a permis à WordPress de devenir l’un des outils les plus utilisés dans le monde pour créer des sites web.
La GPL joue donc un rôle central dans la définition open source, en garantissant que les libertés ne disparaissent pas avec le temps.
Open source versus logiciel propriétaire
Pour mieux comprendre la définition open source, il est utile de la comparer avec le modèle opposé : le logiciel propriétaire.
Dans un logiciel propriétaire, le code source est fermé. On ne peut ni le consulter, ni le modifier. Il dépend entièrement de l’éditeur pour les mises à jour, les corrections et les évolutions.
À l’inverse, un logiciel open source offre une transparence totale. Il permet une indépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique et donne plus de contrôle à l’utilisateur.
Cette différence a des implications concrètes, notamment en termes de flexibilité, de sécurité et de pérennité.
Les avantages de l’open source
Le succès de l’open source s’explique par ses nombreux avantages.
La transparence est l’un des plus importants. Le fait de pouvoir accéder au code permet de vérifier ce que fait réellement un logiciel. Cela renforce la confiance et peut améliorer la sécurité.
La flexibilité est également un atout majeur. Un logiciel open source peut être adapté à des besoins spécifiques, ce qui est particulièrement intéressant pour les entreprises ou les projets complexes.
L’innovation est souvent plus rapide, car elle repose sur une communauté de contributeurs. Chacun peut proposer des améliorations, corriger des bugs ou ajouter des fonctionnalités.
Enfin, l’open source permet de limiter la dépendance à un éditeur unique. Par exemple, si la personne qui a développé une extension WordPress et qu’elle décide finalement de ne plus la maintenir, le code de cette extension étant ouvert, donc open source, une autre personne peut récupérer l’extension et continuer à l’améliorer.
Les idées reçues
Malgré ses avantages, l’open source n’est pas une solution universelle.
Il peut nécessiter des compétences techniques, notamment pour l’installation, la configuration ou la maintenance. Le support est communautaire, ce qui peut être moins structuré que dans un modèle commercial classique.
Une autre idée reçue fréquente est de penser que open source signifie gratuit. Ce n’est pas tout à fait le cas. Certains services associés, comme la maintenance, le support technique, le développement d’un site web, peuvent être payants.
Dans le cas de WordPress. Les fichiers de ce CMS sont téléchargeables gratuitement sur le site officiel wordpress.org. Vous pouvez soit développer un site vous-même soit faire appel à un ou une professionnelle dont c’est le métier de développer des sites web. Cette personne peut avoir des compétences plus poussées que les vôtres et développer des sites web est son métier. Dans ce cas, elle facturera des prestations, ses compétences, pour vous donner une solution qui sera adaptée à vos besoins.
Enfin, la qualité des projets open source peut varier. Certains sont très bien maintenus, d’autres moins. Il est donc important de choisir ses outils avec attention.
Exemples concrets d’outils open source
L’open source est assez répandu sur le web, souvent sans que l’on s’en rende compte.
Des systèmes d’exploitation comme Linux ou des navigateurs web, en passant par de nombreux outils utilisés au quotidien, ce modèle est largement répandu. Mais pour bien comprendre ce que cela change concrètement, rien ne vaut un exemple.
(À la différence de Windows, par exemple, Linux est un système d’exploitation open source créé par Linus Torvalds que tout un chacun peut installer sur son ordinateur. Il peut aussi être utilisé sur des serveurs).
L’histoire des navigateurs web est particulièrement parlante. À la fin des années 1990, le navigateur Netscape dominait le marché. Face à l’arrivée de concurrents, l’entreprise prend une décision radicale en 1998 : rendre public le code source de son navigateur.
Ce choix donne naissance au projet Mozilla, une initiative open source qui va permettre à une communauté mondiale de dév de continuer à faire évoluer le logiciel.
C’est de ce projet qu’est issu Mozilla Firefox. Rapidement, Firefox s’impose comme une alternative crédible aux navigateurs propriétaires. Il se distingue notamment par son engagement en faveur de la protection de la vie privée.
Mais ce qui est intéressant, c’est de comprendre ce que ce modèle change concrètement.
D’un côté, pour les personnes qui l’utilisent, cela signifie plus de transparence et de contrôle. Le navigateur peut être audité, amélioré et adapté par n’importe qui.
De l’autre côté, pour les organisations qui développent ces logiciels, l’open source n’empêche pas de construire un modèle économique viable.
Dans le cas de Firefox, développé par la Mozilla Foundation, les revenus proviennent principalement de partenariats avec des moteurs de recherche . Par exemple, lorsqu’un moteur de recherche est défini par défaut dans le navigateur, un accord commercial peut exister entre Mozilla et ce moteur (le choix actuel du moteur de recherche dans ce cas, peut être discutable, à mon goût…).
Autrement dit, même si le logiciel est open source et gratuit pour l’utilisateur, il peut générer des revenus indirects grâce à son usage et à son audience.
Ce modèle est intéressant, car il montre que l’open source n’est pas incompatible avec une logique économique. Il repose simplement sur d’autres leviers que la vente de licences.
Dans le domaine des sites web, WordPress est un autre exemple emblématique. Lui aussi est open source, et pourtant tout un écosystème économique s’est développé autour : développement de sites, hébergement, thèmes premium, extensions premium, maintenance, formation. L’ouverture de WordPress explique en grande partie son succès. Elle permet à chacun de créer un site web adapté à ses besoins, tout en bénéficiant du travail de milliers de développeurs et développeuses à travers le monde, qui contribuent à l’amélioration de ce logiciel.
Plus largement, une grande partie de l’infrastructure du web repose sur des technologies open source. Des serveurs web comme Apache, des bases de données comme MySQL ou PostgreSQL, ou encore des langages comme PHP sont utilisés quotidiennement par des millions de sites.
Autrement dit, même si vous n’utilisez pas directement un logiciel open source, il y a de fortes chances que votre site web, ou les services que vous utilisez, reposent en grande partie sur ce modèle.
Ainsi, la définition de l’open source ne se limite pas à une simple question technique. C’est un modèle basé sur la transparence, la collaboration et la liberté.
Comprendre l’open source, c’est mieux comprendre les outils que l’on utilise au quotidien, et faire des choix plus éclairés. Que l’on soit simple utilisateur, utilisatrice, ou professionnel du web, cette notion est devenue incontournable.
À l’heure où les enjeux de souveraineté numérique, de sécurité et d’indépendance technologique sont de plus en plus importants, l’open source apparaît comme une réponse pertinente et durable.
Crédit photo, image à la Une : Flipsnack sur Unsplash













