Envoyer une vidéo trop lourde pour passer par email, partager un dossier de photos avec toute la famille, transmettre un ensemble de documents à toute une équipe : ce sont des situations qui reviennent assez souvent. Entre les outils pensés pour un envoi ponctuel et les solutions de stockage au long cours, voici quelques exemples de solutions et ce qu’elle valent.
Les limites de la pièce jointe envoyée par email
Avant de parler des outils dédiés, voici un petit rappel utile : la plupart des messageries plafonnent la taille des pièces jointes. Si la pièce jointe est trop grosse l’envoi échoue. C’est là qu’interviennent les outils de transfert et de partage de fichiers, pensés justement pour prendre le relais dès que le fichier devient trop volumineux, ou quand on veut simplement partager un dossier entier plutôt qu’une seule pièce jointe.
D’autres part, utiliser des outils permet d’éviter de surcharger la boîte de réception de vos destinataires et d’encombrer vos éléments envoyés dans votre compte mail. J’ai eu le cas d’un client qui travaillait dans l’évènementiel, dont la boîte mail était systématiquement bloquée car il n’avait plus d’espace disponible. Ses clients lui envoyait tout en pièces jointes dans plusieurs emails !
Comparaison de quelques outils pour partager des fichiers
Voici sept solutions que j’ai regardées, avec ce qui les distingue entre elles. Plusieurs de ces outils proposent une offre gratuite.
WeTransfer : Le plus connu, sans doute parce qu’il a été l’un des premiers à rendre l’envoi de gros fichiers aussi simple qu’un glisser-déposer. L’offre gratuite permet d’envoyer, sans créer de compte, jusqu’à 3 GB par mois, 10 transferts par mois et les transferts ont une limite de temps de 3 jours. . C’est une solution pratique pour un envoi ponctuel. Vous pouvez transférer par email ou à l’aide d’un lien.
Pour rappel, en 2025, WeTransfer a modifié ses conditions d’utilisation en y glissant une clause permettant d’exploiter les fichiers envoyés, dans le but d’améliorer des modèles de machine learning. Cela a provoqué une vague d’inquiétude chez les utilisateurs et utilisatrices, notamment dans les métiers créatifs. WeTransfer s’octroyait également une licence quasi illimitée sur les fichiers envoyés (« perpétuelle, mondiale, non exclusive, gratuite, transférable et sous-licenciable »).
Face à la polémique que cela a engendré, l’entreprise est revenue en arrière en quelques jours et a retiré toute mention de l’IA de ses conditions. Pour moi, la confiance est cassée.
WeTransfer est une entreprise hollandaise.
Smash : C’est une alternative française à WeTransfer. il n’y a pas de limite de transferts par mois (vous pouvez envoyer autant de fichiers que vous le souhaitez), mais au-delà de 2 Go, votre transfert rejoint une file d’attente non prioritaire (les comptes payants passent devant). Il n’est pas nécessaire de créer un compte pour l’envoi. Le partage se fait également par email ou par l’envoi d’un lien.
Transfernow : Comme Smash, c’est un outil français. L’offre gratuite permet d’envoyer jusqu’à 5 Go par transfert, sans obligation de créer un compte. Les fichiers sont disponibles pendant 7 jours. La solution payante permet d’envoyer évidemment des fichiers plus gros. À noter, un particularité intéressante sur les offres payantes : c’est la possibilité de choisir la région d’hébergement de vos données (Europe, Amérique ou Asie selon le plan), et fichiers peuvent être conservés un an au lieu de 7 jours, on peut aussi personnaliser la page de téléchargement, avec son logo par exemple. On peut aussi vendre des fichiers, grâce à un moyen de paiement.
Swisstransfer : Un autre outil de transfert ponctuel. L’offre gratuite est particulièrement généreuse : vous pouvez envoyer jusqu’à 50 Go par transfert, sans obligation de créer un compte, avec des fichiers conservés 30 jours. Les données sont hébergées en Suisse, un argument qui revient souvent chez les personnes soucieuses de la localisation de leurs données.
Dropbox : Un des pionniers du stockage cloud, pensé davantage pour stocker des fichiers ou faire des sauvegardes plus que de l’envoi ponctuel. Le plan gratuit se limite à 2 Go. Mais Dropbox prévoit également l’envoi de fichiers jusqu’à 2 Go, par lien ou mail. Le transfert a une durée d’expiration de 7 jours. Notons que Dropbox est une entreprise américaine.
pCloud est basée en Suisse, avec des données hébergées sur place, ce qui en fait aussi un argument régulièrement mis en avant par le service. Il n’y a pas d’offre gratuite. Avec pCloud vous pouvez partager des fichiers grâce à un lien. Vous pouvez y ajouter des options comme protéger le partage avec un mot de passe ou y ajouter une fin de validité ou pas.
Nextcloud est une approche différente : ce n’est pas un service tiers en ligne gratuit ou payant, mais un logiciel libre que l’on installe sur son propre hébergement, ou sur celui d’un tiers de confiance. Pas de palier gratuit à proprement parler, puisque la capacité dépend entièrement de l’espace dont vous disposez. Si vous avez un hébergement chez o2switch, Nextcloud est pré-installé à partir de l’offre Cloud. Avec Nextcloud, vous savez exactement où vivent vos données, ce qui n’est pas rien.
Google Drive n’est pas celui que je porte particulièrement dans mon cœur. C’est celui sur lequel j’ai un avis plus tranché que sur les autres. Le compte gratuit propose 15 Go, mais attention, cet espace est partagé entre Gmail, Drive et Photos, donc il fond plus vite qu’il n’y paraît si vous utilisez déjà ces services. Des forfaits payants existent au-delà. Là on est clairement dans la dépendance à l’écosystème Google et vous savez ce que je pense de GAFAM.
Avez-vous besoin d’un transfert ponctuel ou d’un stockage à durée plus longue ?
En creusant ces six outils, une distinction m’a paru essentielle, et elle simplifie beaucoup le choix. D’un côté, WeTransfer, Swisstransfer et Smash sont pensés pour un envoi ponctuel : on dépose un fichier, on génère un lien ou on l’envoie par email, et voilà. De l’autre, Dropbox, pCloud, Nextcloud et Google Drive sont plutôt des solutions de stockage et de synchronisation, pensées pour vivre avec vos fichiers au quotidien, les retrouver sur plusieurs appareils, ou collaborer dessus dans la durée.
Donc avant d’opter pour l’un de ces choix, je vous conseille de réfléchir d’abord à l’usage que vous voulez en faire. Avez-vous besoin d’envoyer un fichier une fois, ou bien souhaitez-vous le garder accessible et à jour dans le temps ?
Et la vie privée dans tout ça ? Lequel s’éloigne le plus des GAFAM ?
Sur les six outils comparés, un seul fait partie des GAFAM au sens strict : Google, avec Google Drive. Les cinq autres sont des sociétés indépendantes : WeTransfer (Pays-Bas), Smash (France), pCloud et Swisstransfer (Suisse), Dropbox (États-Unis), ou le projet open source, Nextcloud.
Ce dernier mérite qu’on s’y attarde. Puisque c’est vous, ou votre hébergeur, qui choisissez où installer Nextcloud, c’est probablement la solution qui offre le plus de contrôle réel sur vos propres données, dans la même logique que ce que j’évoquais dans mon article sur les GAFAM. Encore une fois, ce n’est pas pour autant une raison de culpabiliser d’utiliser tel ou tel autre outil au quotidien : c’est simplement bon à savoir au moment de choisir.
En pratique : partager à une seule personne ou à tout un groupe
Selon l’outil choisi, la façon de partager change pas mal. Quelques repères concrets :
- Avec Google Drive, vous partagez un dossier en indiquant l’adresse email de la personne concernée, avec un niveau de droit précis (lecture, commentaire, ou modification). Pour un groupe, vous pouvez ajouter plusieurs adresses d’un coup.
- Avec Nextcloud, vous partagez directement avec une personne ou un groupe déjà créé dans votre instance, ou vous générez un lien public, protégeable par un mot de passe et une date d’expiration. Vous pouvez même créer plusieurs liens différents pour un même dossier, utile pour distinguer un envoi restreint d’un partage plus large.
- Avec WeTransfer, Swisstransfer et Smash, la logique est plus simple : un même transfert peut avoir plusieurs adresses email destinataires, ou vous copiez le lien généré et le collez où bon vous semble.
- Avec Dropbox et pCloud, vous partagez un dossier par email à une ou plusieurs personnes en choisissant leurs droits, ou vous générez un lien public à diffuser plus largement.
Un bon réflexe, quel que soit l’outil, limitez les droits au strict nécessaire (lecture seule si la personne n’a pas besoin de modifier), et ajouter une date d’expiration sur les liens publics quand l’outil le permet.
Avec l’un de ces outils, vous pouvez envoyer un fichier au support o2switch
À ce jour, si vous écrivez au support o2switch, vous n’avez pas la possibilité d’envoyer de fichier. En effet, leur outil de ticketing ne le permet pas. Cet outil a été développé en interne. Mais il n’est pas exclu qu’un jour, lors d’une mise à jour, cette possibilité soit prévue. En attendant, si vous avez besoin d’envoyer un fichier au support o2switch, la solution la plus simple est d’utiliser un des outils de transfert ponctuel vus plus haut (WeTransfer ou Smash, par exemple), générer un lien de téléchargement, puis coller ce lien directement dans le texte du ticket. L’équipe support peut alors récupérer le fichier sans que vous ayez eu besoin d’un compte ni d’une manipulation compliquée.
Il n’existe pas un outil universel pour partager des fichiers, mais un outil par usage : un envoi ponctuel ne se traite pas comme un stockage au long cours, et la question de la vie privée mérite d’entrer en ligne de compte selon ce que vous partagez.
Je suis curieuse d’avoir vos retours sur la question. Quel outil utilisez-vous aujourd’hui pour partager vos fichiers, et pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ?














Salut. Perso, en tant que libriste, c’est bien entendu Nextcloud et en particulier celui que o2switch avait offert il y a quelques années à ces client·e·s. Mais on peut trouver des instances gratuites chez certains CHATONS (www.chatons.org). Mais c’est bien de donner quelque chose pour aider ces structures.
J’en profite pour vous remercier pour tous ces articles qui sont très intéressants et instructifs.
Bonjour, je ne connaissais pas chatons.org. Je vais aller jeter un œil. Merci beaucoup, ça fait plaisir que vous soyez un lecteur satisfait 🙂