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DNS : comprendre les enregistrements essentiels (A, CNAME, MX, TXT)

20 avril 2026

Quand on crée un site web ou qu’on confi­gure une adresse email pro­fes­sion­nelle, on finit tôt ou tard par devoir tou­cher aux DNS. Chan­ger les ser­veurs DNS d’un domaine, modi­fier un enre­gis­tre­ment, faire poin­ter un sous-domaine vers un ser­vice tiers… ces mani­pu­la­tions sont cou­rantes, mais elles reposent sur des notions que l’on com­prend rare­ment avant d’en avoir besoin.

Cet article vous explique com­ment les DNS fonc­tionnent, ce que sont les ser­veurs NS, la zone DNS, et à quoi servent les enre­gis­tre­ments DNS les plus cou­rants : A, CNAME, MX et TXT.

Ces modi­fi­ca­tions ne sont pas tou­jours immé­diates : un chan­ge­ment DNS peut mettre quelques minutes à plu­sieurs heures à se pro­pa­ger sur Internet.

Registre, serveurs NS et zone DNS : trois niveaux à bien distinguer

Quand vous ache­tez un nom de domaine, vous pas­sez par un bureau d’en­re­gis­tre­ment (regis­trar), c’est-à-dire un pres­ta­taire auto­ri­sé à vendre et gérer des noms de domaine. Ce peut être o2switch, OVH, Gan­di, ou tout autre prestataire.

Ce bureau d’en­re­gis­tre­ment désigne des ser­veurs DNS fai­sant auto­ri­té pour votre domaine, appe­lés ser­veurs NS (Name Ser­ver). Ce sont eux qui hébergent la zone DNS et répondent aux requêtes concer­nant votre domaine.

La zone DNS est un fichier qui contient l’en­semble des règles asso­ciées à votre domaine : vers quelle adresse IP pointe votre site (A, AAAA), quel ser­veur gère vos emails (MX), quels sous-domaines existent (CNAME), etc. Chaque règle dans cette zone est un enre­gis­tre­ment DNS.

En résu­mé : le regis­trar désigne les ser­veurs NS, les ser­veurs NS hébergent la zone DNS, la zone DNS contient les enregistrements.

Chez o2switch, les ser­veurs NS par défaut sont ns1.o2switch.net et ns2.o2switch.net. Si votre domaine est enre­gis­tré chez o2switch, ils sont confi­gu­rés auto­ma­ti­que­ment. Si votre domaine est chez un autre regis­trar, vous devrez y ren­sei­gner ces deux ser­veurs manuel­le­ment. La FAQ o2switch pro­pose des guides pour effec­tuer ce chan­ge­ment chez les prin­ci­paux regis­trars : OVH, Gan­di, Ionos et d’autres.

➔ Si vous uti­li­sez Cloud­flare pour gérer vos DNS, vos ser­veurs NS pointent vers Cloud­flare, et c’est dans l’in­ter­face Cloud­flare que vous modi­fiez vos enre­gis­tre­ments, et non dans le cPa­nel o2switch. Ce fonc­tion­ne­ment est expli­qué dans l’ar­ticle Connec­ter faci­le­ment votre domaine Cloud­flare à o2switch.

L’enregistrement A : faire pointer votre domaine vers une adresse IP

L’en­re­gis­tre­ment A est le plus fon­da­men­tal des enre­gis­tre­ments DNS. Il fait le lien entre un nom de domaine et une adresse IPv4.

C’est lui qui per­met à votre navi­ga­teur de savoir sur quel ser­veur aller cher­cher votre site quand quel­qu’un tape monsite.fr dans la barre d’adresse.

Exemple :

monsite.fr.    A    185.45.12.10

On peut aus­si défi­nir un enre­gis­tre­ment A pour un sous-domaine :

blog.monsite.fr.    A    185.45.12.10

Il existe une variante, l’en­re­gis­tre­ment AAAA, qui fonc­tionne exac­te­ment de la même façon mais pour les adresses IPv6.

➔ Une erreur fré­quente : on modi­fie l’en­re­gis­tre­ment A pour faire poin­ter le domaine vers une nou­velle IP, mais on oublie qu’un enre­gis­tre­ment AAAA (la ver­sion IPv6) existe aus­si dans la zone. S’il pointe encore vers l’an­cienne adresse, une par­tie des visi­teurs, ceux dont le réseau pri­vi­lé­gie IPv6, sera redi­ri­gée au mau­vais endroit. Pen­sez à véri­fier les deux.

L’enregistrement CNAME : créer un alias vers un autre nom de domaine

L’en­re­gis­tre­ment CNAME (Cano­ni­cal Name) per­met d’as­so­cier un nom de domaine à un autre nom de domaine, plu­tôt qu’à une adresse IP direc­te­ment. C’est une sorte d’alias.

Son usage le plus cou­rant est de faire poin­ter www.monsite.fr vers monsite.fr :

www    CNAME    monsite.fr.

Cela pré­sente un avan­tage concret : si l’a­dresse IP de votre héber­ge­ment change un jour, vous n’a­vez qu’un seul enre­gis­tre­ment A à mettre à jour. Le CNAME www (www.monsite.fr) sui­vra auto­ma­ti­que­ment, puis­qu’il pointe vers monsite.fr et non direc­te­ment vers une IP.

➔ Un CNAME doit tou­jours poin­ter vers un nom de domaine, jamais vers une adresse IP. Pour poin­ter vers une IP, il faut uti­li­ser un enre­gis­tre­ment A.

Le CNAME est aus­si uti­li­sé quand un ser­vice tiers vous demande de créer un sous-domaine qui pointe vers son infra­struc­ture. C’est fré­quent avec les outils de livrai­son de conte­nu (CDN) ou cer­tains ser­vices en ligne.

L’enregistrement MX : indiquer qui gère les emails du domaine

L’en­re­gis­tre­ment MX (Mail Exchan­ger) désigne le ser­veur de mes­sa­ge­rie qui doit rece­voir les emails envoyés à votre domaine.

Quand quel­qu’un envoie un mes­sage à contact@monsite.fr, les ser­veurs de mes­sa­ge­rie consultent l’en­re­gis­tre­ment MX du domaine pour savoir où ache­mi­ner le message.

Exemple :

monsite.fr.    MX    10    mail.monsite.fr.

Le chiffre 10 cor­res­pond à la prio­ri­té. Si vous avez plu­sieurs enre­gis­tre­ments MX, le ser­veur avec la valeur la plus basse est contac­té en pre­mier. C’est utile pour mettre en place une redon­dance : si le ser­veur prin­ci­pal est indis­po­nible, le sui­vant prend le relais.

➔ Si vos emails sont héber­gés chez o2switch, les enre­gis­tre­ments MX pointent géné­ra­le­ment vers un sous-domaine de votre domaine (par exemple mail.monsite.fr), lui-même asso­cié à votre héber­ge­ment. Si vous uti­li­sez un ser­vice externe comme Google Works­pace ou Micro­soft 365, il fau­dra rem­pla­cer les entrées MX par celles four­nies par ce ser­vice. La FAQ o2switch détaille les dif­fé­rentes confi­gu­ra­tions pos­sibles dans l’é­di­teur de zone DNS.

L’enregistrement TXT : un champ texte polyvalent

L’en­re­gis­tre­ment TXT per­met d’as­so­cier une chaîne de texte libre à un domaine. Son usage est très varié.

Véri­fi­ca­tion de pro­prié­té. C’est le cas d’u­sage le plus cou­rant. Quand vous venez de mettre en ligne un site, la pre­mière étape consiste géné­ra­le­ment à le connec­ter à la Google Search Console. Google vous demande alors de prou­ver que vous êtes bien le pro­prié­taire du domaine. L’une des méthodes pro­po­sées consiste à ajou­ter un enre­gis­tre­ment TXT dans votre zone DNS, avec une valeur unique géné­rée par Google. Une fois l’en­re­gis­tre­ment en place et pro­pa­gé, Google peut le lire et vali­der votre propriété.

Voi­ci à quoi res­semble concrè­te­ment ce type d’enregistrement :

monsite.fr.    TXT    "google-site-verification=abc123xyz..."

La pro­cé­dure com­plète est détaillée dans l’ar­ticle Com­ment connec­ter la Google Search Console à votre site et ajou­ter un site­map.

Authen­ti­fi­ca­tion des emails. Les enre­gis­tre­ments SPF et DKIM sont tech­ni­que­ment des enre­gis­tre­ments TXT. Ils per­mettent d’in­di­quer quels ser­veurs sont auto­ri­sés à envoyer des emails au nom de votre domaine. Ce sujet est trai­té en détail dans l’ar­ticle SPF DKIM DMARC : com­prendre, confi­gu­rer et évi­ter les emails en spam.

➔ Chez o2switch, les enre­gis­tre­ments SPF sont gérés via l’ou­til Authen­ti­fi­ca­tion du cPa­nel, et non depuis l’é­di­teur de zone DNS : toute modi­fi­ca­tion manuelle risque d’être écra­sée à la pro­chaine mise à jour auto­ma­tique de la zone.

Propagation DNS et TTL : pourquoi les modifications ne sont pas instantanées

Quand vous modi­fiez un enre­gis­tre­ment DNS, le chan­ge­ment n’est pas visible immé­dia­te­ment sur Inter­net. C’est ce qu’on appelle la pro­pa­ga­tion DNS.

Pour com­prendre pour­quoi, il faut savoir que les ser­veurs DNS du monde entier ne consultent pas votre zone DNS à chaque requête. Pour des rai­sons de per­for­mance, ils mettent en cache les infor­ma­tions qu’ils ont déjà récu­pé­rées. Ce délai de mise en cache est défi­ni par le TTL, pour Time To Live. C’est une valeur, expri­mée en secondes, asso­ciée à chaque enre­gis­tre­ment DNS. Elle indique aux ser­veurs com­bien de temps ils peuvent conser­ver l’in­for­ma­tion avant de la rafraîchir.

Un TTL de 3600 signi­fie que l’en­re­gis­tre­ment peut être conser­vé en cache pen­dant une heure. Pas­sé ce délai, les ser­veurs iront cher­cher la valeur à jour auprès de vos ser­veurs NS.

En pra­tique, une modi­fi­ca­tion DNS peut prendre de quelques minutes à plu­sieurs heures à se pro­pa­ger com­plè­te­ment, selon le TTL en vigueur au moment du chan­ge­ment et les ser­veurs impli­qués dans la chaîne.

➔ Si vous anti­ci­pez une modi­fi­ca­tion impor­tante, par exemple un chan­ge­ment d’hé­ber­geur, il est conseillé de réduire le TTL de vos enre­gis­tre­ments quelques heures à l’avance. La pro­pa­ga­tion sera ain­si beau­coup plus rapide.

Ce qu’il faut retenir

Les DNS fonc­tionnent en trois niveaux : le regis­trar désigne les ser­veurs NS, les ser­veurs NS hébergent la zone DNS, et la zone DNS contient les enregistrements.

TypeRôleExemple
AFait poin­ter un domaine ou un sous-domaine vers une adresse IPv4monsite.fr → 185.45.12.10
CNAMECrée un alias vers un autre nom de domainewww.monsite.fr → monsite.fr
MXDésigne le ser­veur qui reçoit les emails du domaine (avec priorité)MX 10 mail.monsite.fr
TXTChamp texte libre pour la véri­fi­ca­tion de pro­prié­té ou l’au­then­ti­fi­ca­tion emailmonsite.fr → "google-site-verification=abc123..."

Avant de modi­fier quoi que ce soit dans votre zone DNS, pre­nez le temps d’i­den­ti­fier quel enre­gis­tre­ment est concer­né. Une erreur sur un MX peut inter­rompre la récep­tion de vos emails. Une erreur sur un A peut rendre votre site inaccessible.

Pour consul­ter et modi­fier la zone DNS de votre domaine chez o2switch, ren­dez-vous dans le cPa­nel, sec­tion « Domaines », puis « Édi­teur de zone DNS ». La docu­men­ta­tion offi­cielle détaille le fonc­tion­ne­ment de cet outil.

1 Comment

  1. Mer­ci pour ce conte­nu, Éric Mar­tin, la dis­tinc­tion entre regis­trar, ser­veurs NS et zone DNS est par­ti­cu­liè­re­ment bien expliquée.

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