asset 1
asset 2
asset 3
asset 2
asset 21

Accessibilité sur LinkedIn : les bonnes pratiques pour que tout le monde puisse vous lire

21 octobre 2026

Je trouve sou­vent sur mon fil Lin­ke­dIn, des posts où cer­tains mots appa­raissent sou­dain en gras ou en ita­lique. Ces mots en gras sont géné­rés par des outils en ligne. C’est deve­nu un réflexe pour beau­coup (trop) de créa­teurs et créa­trices de conte­nu. Ce type de mise en forme pose mal­heu­reu­se­ment un pro­blème.

En effet, ce style qui paraît juste esthé­tique rend en réa­li­té le post illi­sible pour une par­tie de votre lec­to­rat. Je parle sou­vent d’ac­ces­si­bi­li­té et j’ai d’ailleurs énu­mé­ré dans un pré­cé­dent article les dif­fé­rents types de han­di­cap et leurs blo­cages sur un site web. Aujourd’­hui je vous parle du han­di­cap sur un ter­rain voi­sin : les réseaux sociaux, et Lin­ke­dIn en particulier.

Le faux gras et le faux italique : des caractères qui n’en sont pas

Avant toute chose, je pré­cise que, moi aus­si, j’ai uti­li­sé des carac­tères uni­code sur Lin­ke­dIn. Ça n’a pas duré long­temps. Je l’ai fait jus­qu’à ce que Julie Moy­nat m’in­ter­pelle sur le sujet et m’ex­plique ce que je vais vous expli­quer. A cette époque j’é­tais tota­le­ment igno­rante en la matière.

Le constat, encore aujourd’­hui, c’est que Lin­ke­dIn ne pro­pose aucune mise en forme native (je me demande tou­jours pour­quoi) pour nos posts. L’é­di­teur de post ne pro­pose effec­ti­ve­ment pas de mettre nos conte­nus en gras ou en ita­lique. Alors, il y a une pos­si­bi­li­té pour le faire. Il existe des outils gra­tuits qui per­mettent de mettre en forme des textes, en uti­li­sant du faux gras ou des faux carac­tères ita­liques, des carac­tères gothiques ou tout autre mise en forme fan­tai­siste. Ce texte sty­li­sé, géné­ré par ces outils ne sont pas du gras ou de l’i­ta­lique au sens où un logi­ciel de trai­te­ment de texte l’en­ten­drait, mais une suite de carac­tères Uni­code qui res­semblent visuel­le­ment à des lettres, sans en être pour un ordinateur.

Les per­sonnes aveugles et mal­voyantes uti­lisent des lec­teurs d’é­cran pour navi­guer sur le web ou pour lire du texte sur leur ordi­na­teur. Quand des carac­tères uni­codes sont uti­li­sés, les lec­teurs d’é­cran ne recon­naissent pas ces carac­tères comme du texte nor­mal. Selon les cas, ils les épellent lettre par lettre, les annoncent comme des sym­boles mathé­ma­tiques, ou renoncent pure­ment et sim­ple­ment à les lire. Le mes­sage que vous vou­liez mettre en valeur devient alors incom­pré­hen­sible, voire, invisible.

La solu­tion pour évi­ter ce genre de désa­gré­ment aux per­sonnes aveugles et mal­voyantes, c’est de se se conten­ter du texte brut. Pour struc­tu­rer un post, uti­li­sez la ponc­tua­tion, les retours à la ligne et un voca­bu­laire clair. Cela fait très bien le tra­vail sans sacri­fier qui­conque au pas­sage.

Depuis que je suis au cou­rant de cela, j’ai pris la déci­sion de ne plus inter­agir avec des posts Lin­ke­dIn qui uti­lisent ces carac­tères. J’ai deux per­sonnes aveugles dans mes contacts Lin­ke­dIn, donc en inter­agis­sant avec ce genre de posts, je vous laisse ima­gi­ner leur frus­tra­tion.

Aus­si, je sen­si­bi­lise les per­sonnes qui les uti­lisent, le plus sou­vent en pri­vé pour leur expli­quer cela.

Je vous invite à vision­ner la vidéo qu’a faite Julie pour expli­quer cela. Vous pou­vez la regar­der en entier, mais regar­der au moins à par­tir de 05:57, elle fait une démo de ce que res­ti­tue un lec­teur d’écran.

Encore mer­ci à Julie de m’a­voir sen­si­bi­li­sée à cela.

Les majuscules et les séparateurs qui compliquent la lecture

Deux autres habi­tudes fré­quentes méritent d’être revues.

Les mots écrits entiè­re­ment en majus­cule, d’a­bord. Outre le fait qu’é­crire en majus­cule sur le web signi­fie qu’on crie, ils ralen­tissent la lec­ture pour tout le monde (l’œil recon­naît moins bien la forme des mots), et posent une dif­fi­cul­té sup­plé­men­taire aux per­sonnes dys­lexiques. Mieux vaut les réser­ver aux sigles.

Les lignes de tirets ou d’as­té­risques uti­li­sées comme sépa­ra­teurs visuels, ensuite. Elles paraissent ano­dines à l’é­cran, mais un lec­teur d’é­cran les égrène une par une : « asté­risque, asté­risque, asté­risque… » Autant dire que l’ef­fet de res­pi­ra­tion visuelle recher­ché se trans­forme en une suite de mots sans aucun sens.

Petit aparté sur l’écriture inclusive

Puis­qu’on parle de ce que les lec­teurs d’é­cran ont du mal à res­ti­tuer, il y a un exemple qui me tient par­ti­cu­liè­re­ment à cœur : le point médian de l’é­cri­ture inclu­sive. Les syn­thèses vocales hésitent ou bafouillent sur « utilisateur·rice », et le mes­sage reste par­fois incom­pré­hen­sible à l’oral.

C’est une des rai­sons pour les­quelles je n’u­ti­lise jamais le point médian, même si l’é­cri­ture inclu­sive m’im­porte. Je lui pré­fère des for­mu­la­tions épi­cènes ou des dou­blets com­plets, comme « les lec­teurs et les lec­trices ». Ça demande d’y pen­ser un peu plus en amont, mais le résul­tat reste inclu­sif, et acces­sible à toutes et tous.

Utilisez les émojis avec parcimonie

Les émo­jis ne sont pas à ban­nir, loin de là, mais quelques règles simples évitent qu’ils ne deviennent un obs­tacle. Uti­li­sez-les plu­tôt en fin de phrase, jamais au milieu d’un mot ou d’une expres­sion (un lec­teur d’é­cran pro­non­ce­rait leur des­crip­tion à cet endroit pré­cis, et cas­se­rait la phrase). Ne vous en ser­vez jamais pour rem­pla­cer un mot por­teur de sens. Et avant de publier, un bon réflexe : véri­fier que votre mes­sage reste com­pré­hen­sible si on retire men­ta­le­ment tous les émo­jis. J’ai d’ailleurs déjà par­lé dans mon retour sur le Word­Camp Bre­tagne. Rap­pe­lez-vous, je vous par­lais de David Galan­tin. dont la confé­rence por­tait sur l’utilisation des emo­jis sur le web et com­ment ils étaient per­çus par les per­sonnes aveugles. Là aus­si, je vous invite à regar­der sa vidéo (en pas­sant, mer­ci aux contri­bu­tions des per­sonnes qui montent et envoient les vidéos des Word­Camps sur Word­Press TV)

Les hashtags : un mot, en CamelCase, à la fin

Pour les hash­tags, le prin­cipe du Camel­Case change beau­coup pour l’ac­ces­si­bi­li­té : #Acces­si­bi­li­té­Web plu­tôt que #acces­si­bi­li­te­web. La majus­cule à chaque mot per­met au lec­teur d’é­cran (mais aus­si aux per­sonnes voyantes) de repé­rer chaque mot sépa­ré­ment, plu­tôt que de ten­ter de pro­non­cer un bloc de lettres imprononçable.

Regrou­pez-les en fin de post plu­tôt que de les dis­per­ser dans le texte, pour ne pas inter­rompre la lec­ture en plein milieu d’une phrase.

Le texte alternatif sur les images

Dès qu’une image porte une infor­ma­tion (une info­gra­phie, une cap­ture d’é­cran, une cita­tion mise en image), elle a besoin d’un texte alter­na­tif qui décrit cette infor­ma­tion, sans la défor­mer. Lin­ke­dIn pro­pose ce champ au moment de la publi­ca­tion : ça prend trente secondes à rem­plir, et ça change tout pour une per­sonne qui ne peut pas voir l’image.

Les vidéos et les carrousels

Pour une vidéo, deux élé­ments sont à pré­voir : des sous-titres acces­sibles, sans effets visuels qui en com­pliquent la lec­ture, et, idéa­le­ment, une trans­crip­tion tex­tuelle com­plète, dans le post ou en commentaire.

Pour un car­rou­sel, le sujet est un peu plus tech­nique, mais essen­tiel à com­prendre : un car­rou­sel Lin­ke­dIn est en réa­li­té un PDF affi­ché sous forme de dia­po­si­tives, et Lin­ke­dIn ne per­met pas d’y ajou­ter de texte alter­na­tif. Autre­ment dit, si le conte­nu n’est pas pen­sé pour être acces­sible dès sa créa­tion, il n’existe aucun moyen de le cor­ri­ger après coup.

La meilleure pra­tique consiste donc à accom­pa­gner sys­té­ma­ti­que­ment votre car­rou­sel d’une trans­crip­tion acces­sible : un lien vers une page ou un docu­ment qui reprend le même conte­nu dans un for­mat que les tech­no­lo­gies d’as­sis­tance peuvent lire. 

Mettez les liens dans le post plutôt qu’en commentaire

Der­nière habi­tude à ques­tion­ner : celle du « lien en com­men­taire ». Elle part d’une bonne inten­tion (ne pas faire fuir l’al­go­rithme), mais elle com­plique la tâche d’une per­sonne qui navigue au cla­vier ou avec un lec­teur d’é­cran, puis­qu’elle doit alors par­cou­rir l’en­semble des com­men­taires pour retrou­ver l’in­for­ma­tion. Mieux vaut inté­grer le lien direc­te­ment dans le corps du post.

L’ac­ces­si­bi­li­té sur les réseaux sociaux se joue autant dans ces petits détails que sur un site web : une typo, un hash­tag, un lien bien pla­cé, et c’est tout un pan du lec­to­rat qui peut à nou­veau vous suivre. Même si cela ne repré­sente qu’une seule per­sonne, c’est bien de tenir compte de tout cela.

J’es­père que cet article por­te­ra ses fruits. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

✕
✕